Le blog d'IronJeff

2010-11-21 LES CINQ SENS

Je suis allé à ma première séance de natation hier matin. Je n’avais pas nagé depuis le demi-Ironman de Montréal il y a plus de deux mois alors j’appréhendais un peu ce moment. J’avais parlé quelque fois à Dave, le coach que Jean-Marc m’a recommandé, et celui-ci semblait bien sympathique. C’était plutôt le feeling de l’eau dont j’étais moins certain.

On s’est donné rendez-vous à la piscine du Cégep de Jonquière pour samedi 10h. Congé de course pour samedi, par conséquent. Ça coïncide avec la première bordée de neige de la saison. La première neige a toujours quelque chose de magique et, personnellement, ça me met dans un très bon mood. J’arrive donc le cœur léger à la piscine à l’heure prévue.

Petite description des lieux pour commencer et vous mettre en contexte.

C’était la première fois que j’allais à la piscine du Cégep de Jonquière. Mes entraînements en piscine se faisaient au Foyer des Loisirs, à deux pas de chez moi. La piscine du Cegep est vraiment de catégorie supérieure. C’est une piscine olympique, c’est-à-dire qu’elle fait 50m de long au lieu de 25. Toutefois, pour une bonne partie de la saison, un mur amovible est installé dans la partie centrale pour créer deux bassins de 25m. Il reste que l’endroit donne une impression de grandeur, et c’est très bien fenestré.

Je rejoins Dave sur le bord de l’eau. On fait connaissance et on relate quelque peu nos backgrounds. Je pense qu’on va bien s’entendre. C’est un gars sérieux, avec beaucoup d’expérience. Le programme va d’abord débuter par des exercices de technique de nage. Ça ne se limitera donc pas à faire des longueurs avec des conseils par ci par là. Il va falloir que je fasse mes devoirs si je veux travailler avec lui. Parfait, je veux un coach exigeant.

On commence par 6x50 de crawl juste pour observer ma technique.

Je file comme une balle pour essayer de l’impressionner (en vain bien sûr puisque je suis un débutant) alors je m’essouffle rapidement. Je ralentis le rythme et je me concentre alors sur la technique.

Première constatation, mon kick (battement de jambes) n’est vraiment pas au point alors mes jambes ne sont pas à la surface de l’eau et mon corps n’est pas horizontal. Cependant ça paraît que j’ai déjà pris des cours parce que la base est là. Je suis aussi trop crispé.

On commence donc avec des exercices de kick. Mon problème est que je bats des jambes de façon relativement aléatoire et mon corps est incliné au lieu d’être horizontal, ce qui crée beaucoup de restriction et oblige mes bras à travailler trop fort pour une vitesse trop faible.

En triathlon, le kick est cependant différent de ce qui se pratique en nage pure et dure, car il faut économiser les jambes qui vont bientôt se taper l’équivalent du parc des Laurentides en vélo avec un marathon comme dessert.

On va quand même y aller avec le kick standard (environ 6 battements par cycle de bras) et progressivement aller vers le kick triathlon (environ 4 battements par cycle).

S’ensuivent donc quelques longueurs avec un planche. De face, de côté, de l’autre côté, tête hors de l’eau, tête dans l’eau. J’ai mal aux jambes. Mes séances de course avec les sprints m’ont fatigué et de nouveaux muscles doivent travailler.

C’est ce que j’adore du triathlon. L’ensemble du corps est sollicité. C’est cependant la natation qui est le sport le plus complet des trois. Les cinq sens sont constamment bombardés de sensations :

 

La vue :

Ligne noire au fond de l’eau. Toile bleue. Reflet du soleil à la surface. Bulles d’air du nageur devant soi. Bouée marquant le parcours. Poisson dans l’eau. Canard qui atterrit. Algues. Mur. Montre. Belle(s) nageuse(s). Noirceur insondable du lac. Plage

 

Le toucher :

Feeling de l’eau partout sur la peau. Wetsuit serré. Eau glaciale qui entre par le zipper du wetsuit. Courants d’eau chaude et froide alternés dans le lac. Main qui décroche quand on tire trop fort. Grosse roche affleurante sur laquelle on se frappe la main. Algues qui s’emmêlent autour des mains. Coup de pied au visage. Mollet. Main qui agrippe le pied. Soleil qui chauffe le wetsuit.

 

L’ouïe :

BANG (Coup de pistolet du départ) CLAC CLAC FLIC FLAC GLOU GLOU (répéter durant 20 à 90 minutes selon la distance) (Ça c’est l’eau qui entre dans les oreilles et qui en ressort. C’est monotone, c’est agressant, mais c’est comme ça.)

Oiseau. Musique. Sifflet. Moteur de bateau. Foule enthousiaste.

 

L’odorat :

Néoprène du wetsuit. Chlore. Eau du lac. Eau saline. Diesel (oui, près des marinas).

 

Le goût :

Eau de lac. Eau de rivière. Eau moyennement salée (La Baie). Eau hyper salée (Océan). Eau chlorée. Diesel (oui, près des marinas).

 

On pourrait quand même ajouter le sixième sens : équilibre, orientation et feeling de l’environnement, très important quand on nage dans un lac sans repères visuels dans l’environnement immédiat.

 

Bon, la glace est cassée et ça s’est super bien déroulé. C’est parti pour une bonne saison d’apprentissage et de pratique. Mon objectif : être plus rapide que le tiers des concurrents au lieu du sixième ou du dixième comme actuellement. Ça devrait être réalisable.



21/11/2010
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