Le blog d'IronJeff

Malédiction

Le lecteur avisé que vous êtes se souvient certainement avoir remarqué dans l’article « Saison 2010 » que j’ai fait un voyage d’affaires en Allemagne quelques heures après ma performance à Montréal.

Le but de ce voyage était de présenter mon entreprise au plus gros salon sur l’aluminium au monde. Cela implique de longues journées debout sur un plancher de béton, en complet et souliers vernis.

J’ai dû m’équiper de souliers neufs pour l’occasion, et j’en avais trouvé une belle paire, cependant il semble que les talons étaient trop durs. Les effets sur les chevilles ont été néfastes. Il semblerait aussi que la consommation de choucroute et de bière combinée à l'absence totale d'exercice n'ait pas aidé.

 

Après mon retour, j’ai recommencé à courir. J’ai ressenti une douleur diffuse à la cheville droite lors d’un 6km le mardi 21 septembre.

C’est probablement juste temporaire, me dis-je.

 

Hélas, je ne pouvais savoir à ce moment que ma vie était sur le point de basculer.

 

Je retourne courir le lendemain. Même distance, même douleur. Peut-être même pire.

Je remplace donc la course par du vélo le jeudi. 30.9 km/h de moyenne sur une boucle de 20 km que je fais habituellement à 1 ou 2 km/h plus vite, mais bon. Il vente fort et j’essaie de rouler sans trop me donner à fond.

Puisque je n’ai pas encore de programme d’entraînement structuré, je décide donc de prendre ça relax jusqu’à l’entraînement du dimanche.

 

D’ailleurs, je suis aux travaux forcés et je dois faire de la céramique dans la cuisine samedi afin de rembourser ma marge de crédit de « Air Lousses™ » en prévision des longues heures d’entraînement à venir.

Donc, le dimanche, entraînement Jakours à Larouche. Je décide d’y aller en vélo (départ d'Arvida)malgré la brume à couper au couteau et la température de 3 degrés celsius.

J’ai de la difficulté à rouler à plus de 20 km/h en raison de la faible visibilité et de mes lunettes qui deviennent opaques aux 30 secondes en raison de la brume.

 

Soudain, la Malédiction commence.

 

Un terrible « BANG » m’indique que mon pneu arrière vient de crever. Un beau Cadence Pro-Pulsion Kevlar rouge, payé plus cher qu’un pneu d’auto, avec à peine 120 km au compteur. GRRRRR. >:-((((

Me voilà donc transi sur le bord de la route en train d’enlever la roue arrière, déjanter le pneu, enlever le corps étranger, patcher le trou, remettre le pneu et gonfler le pneu au CO2.

C’est ma première crevaison en carrière. Je m’en suis quand même bien tiré : moins de 10 minutes. Cependant, puisqu’il fait froid et humide, un drôle de phénomène s’est produit.

 

Certains d’entre vous connaissent peut-être les effets d’une détente adiabatique.

Non. Ce n’est pas la relaxation d’une personne ne souffrent pas du diabète.

En fait c’est lorsqu’un gaz à haute pression prend de l’expansion (et par le fait même subit une baisse de pression) sans échange de chaleur. Sa température diminue alors radicalement. Les réfrigérateurs fonctionnent en vertu de ce principe.

Donc, la petite bonbonne de CO2 à pression extrêmement élevée se déverse dans le pneu, à faible pression (120 psi, quand même). Sa température qui était déjà faible (rappelons-nous qu’il fait tout près de zéro) baisse donc sous le point de congélation. En raison du brouillard dense, voici maintenant mon pneu tout couvert de givre.

C’est donc avec une extrême prudence que je reprends la route le temps que le pneu déglace. Je dois aussi relâcher un peu de pression à mesure qu’il réchauffe pour éviter qu’il n’éclate.

 

Avec toutes ces pertes de temps, me voici en retard à l’entraînement. Je pars donc courir un peu tout seul en attendant que le groupe revienne du 5km pour entamer le 10 km. Cependant ma cheville fait de plus en plus mal.

Je fais donc un total de 12 km, histoire de bien endommager ma cheville.

Pendant le lunch d’après course (les entraînements du dimanche du club Jakours sont toujours suivis d’un lunch. Cette fois-ci nous avons eu droit à de l’excellent spaghetti – j’en ai pris 2 grosses assiettes) un vent très fort s’est levé. Il était bien entendu orienté de façon à faire face à mon trajet de retour.

 

J’avais de la difficulté à maintenir une moyenne de 20 km/h en utilisant mes aérobars quand TriMike mon sauveur s’est pointé au volant de sa rutilante Cadillac blanche. Il était parti un peu plus tard que moi du lunch post-entraînement et j’avais convenu avec lui que s’il m’apercevait et qu’il trouvait que j’avais l’air misérable, il s’arrêterait pour m’offrir un lift. En deux temps trois mouvements voici donc mon vélo dans le coffre du Caddy en compagnie du baby-jogger. Pratique, les grands coffres.

Retour à la maison sans gloire : cheville en compote, ride de vélo avortée et je dois poursuivre les travaux forcés.

 

Mais quelle est cette malédiction dont je suis victime? Quelqu’un a-t-il confectionné une poupée vaudou à mon effigie pour servir de support à épingles?

C'est la mort dans l'âme que j'ai dû affronter les jours suivants.



14/10/2010
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